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Paludisme en Afrique : Les parlementaires appellent à un sursaut politique pour relancer la lutte
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Paludisme en Afrique : Les parlementaires appellent à un sursaut politique pour relancer la lutte

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29/07/20260 vues1 articles
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Paludisme en Afrique : Les parlementaires appellent à un sursaut politique pour relancer la lutte

Alors que le paludisme continue de faire des centaines de milliers de victimes chaque année, principalement en Afrique, les parlementaires du continent entendent reprendre l’initiative. Réunis le 24 juillet 2026 à Midrand, en Afrique du Sud, à l’occasion d’une session…

Alors que le paludisme continue de faire des centaines de milliers de victimes chaque année, principalement en Afrique, les parlementaires du continent entendent reprendre l’initiative. Réunis le 24 juillet 2026 à Midrand, en Afrique du Sud, à l’occasion d’une session extraordinaire du Parlement panafricain, élus, experts sanitaires et partenaires techniques ont dressé un constat préoccupant : la lutte contre cette maladie marque le pas sous l’effet conjugué de la baisse des financements, des résistances croissantes aux traitements et aux insecticides, ainsi que des conséquences du changement climatique. Face à cette situation, les participants ont appelé à un engagement politique renforcé, à une mobilisation accrue des ressources nationales et à une coopération continentale plus étroite pour remettre l’Afrique sur la voie de l’élimination du paludisme.

Malgré des décennies de lutte et les progrès réalisés grâce à la distribution massive de moustiquaires imprégnées, à l’amélioration du diagnostic, aux traitements à base d’artémisinine et, plus récemment, à l’introduction des premiers vaccins antipaludiques, le paludisme demeure l’une des principales causes de décès et de pauvreté en Afrique.

Le continent concentre encore l’écrasante majorité des cas et des décès enregistrés dans le monde. Au-delà de son lourd tribut humain, la maladie continue d’affaiblir les systèmes de santé, de réduire la productivité économique, de compromettre la scolarisation des enfants et d’accentuer les inégalités sociales. Femmes enceintes, nourrissons et enfants de moins de cinq ans restent les catégories les plus exposées.

Pour les responsables du Parlement panafricain, cette situation constitue un obstacle majeur à la réalisation de l’Agenda 2063 de l’Union africaine et des Objectifs de développement durable, qui visent notamment à garantir une vie saine et à promouvoir le bien-être pour tous.

Une mobilisation politique face à une lutte qui s’essouffle

C’est dans ce contexte que le Parlement panafricain, en collaboration avec la Conférence parlementaire sur le paludisme en Afrique (COPEMA), a consacré une session spéciale à cette maladie. L’objectif était clair : replacer le paludisme au cœur des priorités politiques africaines et renforcer le rôle des parlementaires dans la mobilisation des gouvernements.

La rencontre a réuni des députés issus des différentes régions du continent, des représentants de la Commission de l’Union africaine, de l’Africa CDC, du Bureau régional de l’Organisation mondiale de la Santé pour l’Afrique (OMS-Afrique), du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, du Partenariat RBM pour mettre fin au paludisme, de l’Organisation de coordination pour la lutte contre les endémies en Afrique centrale (OCEAC), ainsi que plusieurs organisations de la société civile.

En ouvrant les travaux, les responsables du Parlement panafricain ont insisté sur le rôle déterminant des élus dans la lutte contre le paludisme. Selon eux, les parlementaires ne doivent plus se limiter à adopter des lois. Ils sont également appelés à contrôler l’action gouvernementale, à défendre des budgets nationaux plus ambitieux pour la santé et à sensibiliser les populations afin d’améliorer la prévention.

Des avancées fragilisées par de nouveaux défis

Les échanges ont mis en évidence un paradoxe. D’un côté, les innovations scientifiques se multiplient et offrent de nouvelles perspectives dans la lutte contre le paludisme. De l’autre, plusieurs facteurs compromettent les progrès réalisés au cours des vingt dernières années.

Les experts ont notamment souligné la diminution progressive des financements internationaux, alors même que les besoins continuent d’augmenter. Cette situation intervient dans un contexte marqué par de multiples crises mondiales, qui exercent une forte pression sur les budgets consacrés à la santé.

À cette contrainte financière s’ajoutent l’apparition de résistances des moustiques aux insecticides, la diminution de l’efficacité de certains médicaments antipaludiques, les déplacements de populations provoqués par les conflits armés, ainsi que les effets du changement climatique, qui favorisent l’extension des zones propices à la transmission de la maladie.

Pour les participants, ces défis imposent un changement d’approche. Les stratégies qui ont permis de sauver des millions de vies doivent désormais être adaptées à une réalité sanitaire en constante évolution.

« Le paludisme est aussi un défi politique »

L’un des principaux messages portés tout au long de la session est que l’élimination du paludisme ne dépend pas uniquement des professionnels de santé. Les intervenants ont rappelé que les décisions budgétaires, les politiques publiques, les mécanismes de redevabilité et les choix de gouvernance influencent directement les résultats obtenus sur le terrain. En d’autres termes, le paludisme constitue autant un défi politique qu’un défi médical.

Les parlementaires ont ainsi été invités à utiliser leurs prérogatives pour plaider en faveur d’une augmentation des investissements nationaux dans la lutte contre le paludisme, suivre l’exécution des programmes financés par les États et leurs partenaires, et promouvoir des cadres législatifs favorables à l’accès universel aux services de prévention et de traitement. Cette approche traduit la volonté du Parlement panafricain de faire des élus de véritables acteurs de la santé publique, capables d’influencer durablement les politiques nationales au-delà des déclarations d’intention.

L’Afrique appelée à financer davantage sa riposte

L’une des préoccupations majeures soulevées lors de la session concerne le financement de la lutte contre le paludisme. Les intervenants ont estimé que la forte dépendance des programmes nationaux vis-à-vis des partenaires extérieurs fragilise les acquis enregistrés depuis deux décennies.

Les représentants du Fonds mondial et du Partenariat RBM ont rappelé que les ressources internationales, bien qu’essentielles, ne suffiront pas à elles seules pour atteindre les objectifs d’élimination du paludisme. Ils ont exhorté les gouvernements africains à accroître progressivement la part des budgets nationaux consacrée à la santé, tout en encourageant des mécanismes innovants de financement impliquant le secteur privé, les collectivités territoriales et les fondations philanthropiques.

Pour les participants, chaque pays doit considérer les dépenses consacrées à la lutte contre le paludisme non comme une charge, mais comme un investissement. La réduction de la maladie améliore la productivité des travailleurs, favorise la réussite scolaire, réduit les dépenses des ménages et renforce la croissance économique.

L’innovation ouvre de nouvelles perspectives

Au-delà des difficultés, les experts ont également mis en avant plusieurs avancées scientifiques susceptibles d’accélérer la lutte contre le paludisme. Parmi les innovations les plus prometteuses figurent le déploiement progressif des vaccins antipaludiques destinés aux jeunes enfants, la mise sur le marché de nouvelles générations de moustiquaires imprégnées plus efficaces contre les moustiques résistants, le renforcement de la surveillance génomique des parasites et des vecteurs, ainsi que l’utilisation accrue des technologies numériques pour améliorer le suivi des cas et orienter les interventions sanitaires.

Les représentants de l’Africa CDC et de l’OMS-Afrique ont toutefois insisté sur le fait que ces innovations ne produiront leurs effets que si elles sont accompagnées d’un engagement politique durable, d’investissements suffisants et d’un renforcement des systèmes de santé nationaux.

Le rôle stratégique des parlementaires

Les débats ont également permis de redéfinir la place des parlementaires dans la gouvernance sanitaire africaine. Au-delà de leur mission législative, les élus sont appelés à contrôler l’utilisation des ressources publiques destinées à la lutte contre le paludisme, à veiller à la bonne exécution des politiques nationales, à promouvoir des lois favorables à l’accès aux soins et à défendre l’augmentation des financements consacrés à la santé. Ils devront également renforcer le dialogue avec les communautés, les organisations de la société civile, les chercheurs et les partenaires techniques afin que les politiques publiques répondent davantage aux réalités du terrain.

Pour plusieurs intervenants, la lutte contre le paludisme ne pourra être gagnée sans une volonté politique forte, traduite par des décisions budgétaires et législatives concrètes.

Un plan d’action continental pour la période 2026-2030

L’un des principaux résultats de cette session a été l’adoption d’un Plan d’action conjoint entre le Parlement panafricain et la Conférence parlementaire sur le paludisme en Afrique (COPEMA) pour la période 2026-2030. Ce document prévoit notamment de renforcer les capacités des parlementaires sur les questions de santé publique, d’intensifier le plaidoyer en faveur d’un financement domestique plus important, d’améliorer le suivi parlementaire des programmes nationaux de lutte contre le paludisme et de promouvoir une coopération renforcée entre les institutions africaines, les partenaires internationaux et les organisations de la société civile.

Les participants ont également convenu de mettre en place des mécanismes réguliers de suivi afin d’évaluer les progrès accomplis dans la mise en œuvre des engagements pris au cours de cette session.

Un combat qui dépasse le seul secteur de la santé

Les discussions ont enfin rappelé que le paludisme est intimement lié à d’autres enjeux de développement. L’urbanisation rapide, les effets du changement climatique, la gestion de l’eau, l’assainissement, la qualité des logements, l’éducation et la lutte contre la pauvreté influencent directement la transmission de la maladie.

C’est pourquoi les experts plaident pour une approche multisectorielle associant les ministères de la Santé, des Finances, de l’Environnement, de l’Éducation, de l’Agriculture et des Collectivités territoriales, avec l’appui des partenaires techniques et financiers.

Vers une nouvelle dynamique continentale

Au terme de leurs travaux, les parlementaires africains ont affiché leur volonté de replacer le paludisme au rang des grandes priorités du développement du continent. Ils estiment que les connaissances scientifiques, les outils de prévention et les innovations technologiques disponibles aujourd’hui rendent possible une réduction significative de la maladie, à condition que les engagements politiques soient suivis d’effets.

La session extraordinaire du Parlement panafricain marque ainsi une étape importante dans la construction d’une réponse africaine plus coordonnée face à une maladie qui continue de coûter chaque année des centaines de milliers de vies. Le défi consiste désormais à traduire les recommandations adoptées en actions concrètes, afin que l’ambition d’une Afrique débarrassée du paludisme devienne progressivement une réalité.

Albert BOMBA

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