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Filière cacao : le Cameroun ouvre le chantier d’une rémunération plus équitable des producteurs
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Filière cacao : le Cameroun ouvre le chantier d’une rémunération plus équitable des producteurs

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06/08/20260 vues1 articles
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Filière cacao : le Cameroun ouvre le chantier d’une rémunération plus équitable des producteurs

À la veille du lancement officiel de la campagne cacaoyère 2026-2027, le Gouvernement camerounais engage une réflexion de fond sur le partage de la richesse au sein de la filière cacao. Réunis à Yaoundé à l’occasion d’un forum national, pouvoirs…

À la veille du lancement officiel de la campagne cacaoyère 2026-2027, le Gouvernement camerounais engage une réflexion de fond sur le partage de la richesse au sein de la filière cacao. Réunis à Yaoundé à l’occasion d’un forum national, pouvoirs publics, producteurs, transformateurs et autres acteurs de la chaîne de valeur sont appelés à définir des mécanismes susceptibles d’assurer une rémunération plus juste des producteurs, tout en renforçant la compétitivité du cacao camerounais sur le marché international.

Le débat sur la juste rémunération des producteurs de cacao est désormais officiellement ouvert au Cameroun. Face aux profondes mutations du marché mondial, à la volatilité des cours et aux attentes grandissantes des planteurs, le Gouvernement entend repenser les mécanismes de redistribution de la valeur créée par cette filière stratégique pour l’économie nationale.

C’est dans cette perspective que se sont ouverts, le mercredi 5 août 2026 à l’Hôtel de Ville de Yaoundé, les travaux du Forum sur la rémunération des producteurs de la filière cacao au Cameroun. Cette rencontre réunit l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur autour d’un objectif commun : identifier des solutions durables permettant d’améliorer les revenus des producteurs, considérés comme le premier maillon de la filière.

La cérémonie d’ouverture était présidée par le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, en présence de son homologue de l’Agriculture et du Développement rural, Gabriel Mbairobe, du Directeur général de l’Office national du cacao et du café (ONCC), Michael Ndoping, de l’Administrateur du Fonds de développement des filières cacao et café (FODECC), Samuel Donatien Nengue, du président du Conseil interprofessionnel du cacao et du café (CICC), Apollinaire Ngwe, du Secrétaire exécutif du CICC, Omer Maledy, ainsi que de nombreux producteurs, exportateurs, transformateurs et partenaires de la filière.

Un partage de la richesse jugé déséquilibré

Dans son allocution d’ouverture, le ministre du Commerce a dressé un diagnostic sans détour de la situation actuelle de la filière. Selon lui, malgré les performances enregistrées par le cacao camerounais sur les marchés internationaux, les producteurs continuent de percevoir une part insuffisante de la richesse générée. « L’évidence commande de reconnaître que les écarts de rémunération entre les producteurs et les autres acteurs de la chaîne restent trop importants, au point de menacer l’existence même de la filière tout entière », a déclaré Luc Magloire Mbarga Atangana.

Pour le membre du Gouvernement, cette réalité ne peut plus être ignorée. Il estime qu’il est désormais indispensable de replacer les producteurs au cœur des politiques publiques et des réflexions sur l’avenir de la filière, afin de garantir sa pérennité. Illustrant la gravité de cette situation, il a indiqué que dans certains pays, une telle précarité aurait déjà provoqué une véritable crise sociale. Il a ainsi appelé tous les intervenants de la chaîne de valeur à prendre pleinement leurs responsabilités pour construire un modèle économique plus équilibré.

Le dialogue comme méthode de travail

Le Gouvernement assure toutefois qu’il ne s’agit pas d’imposer une réforme unilatérale. Au contraire, la démarche engagée repose sur la concertation avec l’ensemble des acteurs concernés. Pour Luc Magloire Mbarga Atangana, seule une approche consensuelle permettra d’aboutir à des solutions acceptées par tous. Les débats devront ainsi permettre de confronter les différents points de vue afin de dégager un compromis garantissant les intérêts des producteurs, des transformateurs, des exportateurs et de l’État.

S’inspirant d’une citation de l’écrivain américain Ernest Hemingway, le ministre a rappelé que les difficultés auxquelles est confrontée la filière concernent tous ses acteurs. À ses yeux, l’avenir du cacao camerounais dépendra de leur capacité à dépasser les intérêts individuels pour construire une vision commune.

Miser davantage sur la transformation locale

Le ministre du Commerce a également insisté sur la nécessité d’accélérer la transformation locale du cacao, considérée comme un levier majeur de création de valeur ajoutée et d’amélioration des revenus des producteurs. Il a rappelé que le Cameroun dispose aujourd’hui d’une capacité industrielle de transformation estimée à près de 250 000 tonnes, soit un volume équivalent à la production commercialisée au cours de la campagne 2025-2026. À cela s’ajoute une forte demande provenant du Nigeria voisin, dont les capacités industrielles avoisinent 200 000 tonnes.

Malgré ces atouts, le pays demeure fortement dépendant des fluctuations des cours internationaux. Une situation que le Gouvernement juge paradoxale au regard des investissements consentis pour développer la transformation locale.

Repenser les avantages accordés aux industriels

Au cours des échanges, Luc Magloire Mbarga Atangana a également soulevé la question des avantages fiscaux et douaniers accordés aux unités de transformation. Selon lui, ces mesures d’accompagnement doivent désormais produire des retombées concrètes pour l’ensemble de la filière, notamment au profit des producteurs. Il a estimé qu’une réflexion sur les contreparties attendues des entreprises bénéficiant de ces facilités est devenue incontournable, avertissant que l’État pourrait être amené à revoir son dispositif si les résultats escomptés ne sont pas au rendez-vous.

Le ministre a ainsi invité les participants à aborder toutes les questions sans tabou, estimant qu’aucun sujet ne devait être exclu des discussions dès lors qu’il contribue à renforcer la compétitivité de la filière et à améliorer les conditions de vie des planteurs.

Lutter contre les sorties de cacao vers le Nigeria

Autre sujet majeur évoqué au cours de cette rencontre : les mouvements de cacao camerounais vers le Nigeria. Le ministre du Commerce a plaidé pour un dialogue franc entre les pouvoirs publics et les opérateurs économiques afin d’identifier les causes profondes de ce phénomène qui prive le pays d’une partie de sa production. Selon lui, il serait difficile de lutter efficacement contre cette situation sans une collaboration étroite entre l’État et les différents acteurs de la filière.

Des recommandations attendues pour la campagne 2026-2027

Au terme des travaux, les recommandations formulées par les participants serviront de base aux orientations qui encadreront la campagne cacaoyère 2026-2027, dont le lancement officiel est prévu ce jeudi 6 août.

Au-delà de cette échéance, les pouvoirs publics espèrent que cette réflexion permettra de jeter les bases d’un nouveau modèle de gouvernance de la filière, fondé sur un meilleur partage de la valeur, une transformation locale plus dynamique et une rémunération plus juste des producteurs.

À travers cette initiative, le Gouvernement affiche ainsi son ambition de consolider la place du Cameroun parmi les grands producteurs mondiaux de cacao tout en garantissant une meilleure protection économique aux milliers de familles qui vivent de cette culture de rente.

Albert BOMBA

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