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Ananie Rabier Bindzi : une mémoire de l’histoire camerounaise s’éteint
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Ananie Rabier Bindzi : une mémoire de l’histoire camerounaise s’éteint

Une mémoire de l’histoire camerounaise s’éteint Par Loïc Minouè Le journaliste et homme de mémoire Ananie Rabier Bindzi s’en est allé. Il y a quelques semaines encore, une rumeur avait annoncé à tort sa disparition. Cette fois, le monde des… Read More
24 août 20260 vues
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Ananie Rabier Bindzi : une mémoire de l’histoire camerounaise s’éteint

Une mémoire de l’histoire camerounaise s’éteint Par Loïc Minouè Le journaliste et homme de mémoire Ananie Rabier Bindzi s’en est allé. Il y a quelques semaines encore, une rumeur avait annoncé à tort sa disparition. Cette fois, le monde des… Read More

Une mémoire de l’histoire camerounaise s’éteint

Par Loïc Minouè

Le journaliste et homme de mémoire Ananie Rabier Bindzi s’en est allé. Il y a quelques semaines encore, une rumeur avait annoncé à tort sa disparition. Cette fois, le monde des médias camerounais perd l’une de ses grandes figures.

Né à Douala au début des années 1940 dans une famille très modeste, Ananie Rabier Bindzi connut une enfance difficile. Septième enfant de sa mère et seul survivant de la fratrie, il grandit autour du marché central de Douala et se décrivait lui-même comme un « enfant de la rue ».

Mais cette enfance marquée par la précarité ne l’empêcha pas de construire un parcours remarquable. Après le Collège Libermann, il rejoignit en 1956 l’école militaire de Brazzaville, avant de poursuivre sa formation en France, notamment à l’EFAP, une école spécialisée dans la communication.

Il s’orienta ensuite vers le journalisme et intégra Jeune Afrique, à une époque où les journalistes africains étaient encore peu nombreux dans la presse internationale. Durant plusieurs décennies, sa plume s’exprima également dans des publications comme Africa International et Afrique-Asie, où il consacra une grande partie de son travail à l’histoire du Cameroun et du continent africain.

C’est cependant à la télévision qu’Ananie Rabier Bindzi laissera l’une de ses empreintes les plus fortes. Avec « La Tribune de l’Histoire », diffusée sur Canal 2 International, il avait fait de la mémoire collective un véritable rendez-vous télévisé. Chaque semaine, il faisait revivre des épisodes parfois méconnus de l’histoire du Cameroun, donnant la parole aux témoins de la colonisation, des luttes pour l’indépendance et des premières années de la République.

Doté d’une mémoire exceptionnelle, celui que certains qualifiaient de « bibliothèque vivante » avait consacré une grande partie de sa vie à transmettre l’histoire aux nouvelles générations. Malgré les controverses suscitées par certaines de ses émissions ou analyses, son apport à la conservation et à la vulgarisation de la mémoire historique camerounaise demeure considérable.

Au fil des années, Ananie Rabier Bindzi avait rendu hommage à de nombreuses personnalités parfois oubliées de l’histoire nationale. À son tour, il laisse derrière lui une œuvre et un héritage que d’autres devront préserver et transmettre.

Sa disparition endeuille sa famille, ses proches ainsi que l’ensemble de la corporation des journalistes camerounais.

Ananie Rabier Bindzi s’en va, mais le fil de l’histoire qu’il a si longtemps tenu entre ses mains continue de se transmettre.

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