Ahmadou Ahidjo : à 102 ans, l’ombre du « Grand Camarade » plane toujours sur le Cameroun
102 ans, l’ombre du « Grand Camarade » plane toujours sur le Cameroun Par la rédaction Ce lundi 24 août 2026, Ahmadou Ahidjo aurait eu 102 ans. Né le 24 août 1924 à Garoua, le premier président de la République… Read More
102 ans, l’ombre du « Grand Camarade » plane toujours sur le Cameroun
Par la rédaction
Ce lundi 24 août 2026, Ahmadou Ahidjo aurait eu 102 ans. Né le 24 août 1924 à Garoua, le premier président de la République du Cameroun demeure une figure incontournable de l’histoire politique et institutionnelle du pays.
Surnommé le « Grand Camarade », Ahmadou Ahidjo a dirigé le Cameroun de 1960 à 1982. Durant ses 22 années au pouvoir, il a accompagné la construction de l’État post-indépendance, consolidé les institutions et œuvré à l’unification d’un territoire marqué par les héritages coloniaux français et britannique. Son règne reste associé à la mise en place de nombreuses infrastructures, institutions publiques et structures économiques qui ont façonné le Cameroun moderne.
Son héritage demeure toutefois contrasté. Si ses partisans retiennent l’image d’un bâtisseur méthodique ayant posé les fondations de l’État, son régime fut également marqué par le parti unique, une forte centralisation du pouvoir et la répression de ses opposants.
Le 4 novembre 1982, Ahmadou Ahidjo démissionne de la présidence de la République et transmet constitutionnellement le pouvoir à son Premier ministre, Paul Biya. Les relations entre les deux hommes se détériorent rapidement. Après les événements politiques du début des années 1980 et la tentative de coup d’État du 6 avril 1984, Ahidjo, déjà en exil, est condamné à mort par contumace. Il ne reviendra plus au Cameroun.
Décédé le 30 novembre 1989 à Dakar, au Sénégal, Ahmadou Ahidjo repose depuis lors au cimetière musulman de Yoff. Près de 37 ans après sa disparition et 44 ans après son départ du pouvoir, l’absence de rapatriement de sa dépouille continue d’alimenter le débat sur la mémoire nationale et la réconciliation avec certaines pages de l’histoire du Cameroun.
Au-delà de l’anniversaire de sa naissance, le 24 août ravive ainsi une interrogation : quelle place le Cameroun doit-il accorder aujourd’hui à son premier président dans sa mémoire collective ?
Tant que la dépouille d’Ahmadou Ahidjo reposera à Dakar, le débat sur son retour sur la terre qui l’a vu naître restera, lui aussi, ouvert.

