NECROLOGIE : LA DÉPOUILLE DE CLÉMENT ATANGANA ARRIVÉE À YAOUNDÉ, EN ATTENTE DES OBSÈQUES OFFICIELLES
La dépouille mortuaire de Clément Atangana est arrivée à l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen dans la nuit du jeudi 15 au vendredi 16 octobre 2026. Douze jours après son décès à Paris, l’ancien président du Conseil constitutionnel a retrouvé sa terre…
La dépouille mortuaire de Clément Atangana est arrivée à l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen dans la nuit du jeudi 15 au vendredi 16 octobre 2026. Douze jours après son décès à Paris, l’ancien président du Conseil constitutionnel a retrouvé sa terre natale pour son dernier voyage. À 85 ans, celui qui a occupé l’une des fonctions les plus sensibles de l’appareil institutionnel camerounais est désormais de retour au pays, loin des audiences et des délibérations qui ont marqué sa carrière. À l’aéroport, plusieurs personnalités se sont mobilisées pour accueillir sa dépouille. L’ambassadeur du Cameroun en France, qui avait assisté à la mise en bière organisée la veille au funérarium du Mont-Valérien, à Nanterre, a accompagné le corps jusqu’à Yaoundé, aux côtés des membres de la famille du défunt. Après son arrivée, la dépouille a été transférée à la morgue de l’Hôpital général de Yaoundé. Pour ses proches, cette étape ouvre un nouveau chapitre du deuil : celui de l’attente des derniers hommages et des adieux définitifs. Le programme officiel des obsèques sera communiqué ultérieurement.
La disparition de Clément Atangana marque la fin d’un parcours au sommet de la magistrature camerounaise. Son nom reste notamment associé à l’histoire du Conseil constitutionnel, une institution consacrée par la Constitution du 18 janvier 1996, mais dont les premiers membres n’ont été nommés que le 7 février 2018. Ce jour-là, le décret présidentiel n° 2018/106 l’a porté à la présidence de cette juridiction, chargée notamment de contrôler la constitutionnalité des lois et de connaître du contentieux des élections présidentielles, législatives et sénatoriales, conformément aux textes en vigueur. Sa fonction l’a ainsi placé au cœur des mécanismes institutionnels qui encadrent la vie démocratique du pays. Sous sa présidence, le Conseil constitutionnel a notamment été appelé à examiner les contestations liées aux élections présidentielles de 2018 et de 2025, deux échéances majeures dans la vie politique nationale. Ces scrutins ont donné lieu à des recours et à des débats qui ont remis au premier plan le rôle de cette institution dans la validation des résultats et le règlement du contentieux électoral.
Avec sa mort, le Conseil constitutionnel entre dans une nouvelle phase. Selon les informations communiquées après son décès, le professeur Paul Nchoji Nkwi assure l’intérim en qualité de doyen d’âge des conseillers, dans l’attente de la nomination d’un nouveau président. Mais cette transition institutionnelle ne saurait effacer la dimension humaine de cette disparition. Derrière le titre de président, le rang de haut magistrat et les responsabilités publiques, il y a désormais une famille confrontée à l’absence d’un être cher. Le retour de sa dépouille à Yaoundé donne une réalité tangible à cette séparation : l’homme qui a longtemps siégé au sommet de l’appareil judiciaire ne reviendra plus dans les bureaux où se prennent les décisions, ni dans les salles où se tranchent les grandes questions constitutionnelles. À l’heure où le pays attend le calendrier de ses obsèques officielles, le silence entoure ce dernier voyage. Clément Atangana laisse derrière lui une trajectoire inscrite dans l’histoire judiciaire du Cameroun et une institution appelée à poursuivre ses missions sans celui qui l’a dirigée depuis sa mise en place. Le Cameroun attend désormais les derniers rites pour accompagner l’ancien président du Conseil constitutionnel vers sa dernière demeure.
Georges Parfait Owoundi

