INTELLIGENCE ARTIFICIELLE. Les Alumni appellent à une adoption responsable pour le développement du Mali
L’Association des Alumni de l’ex-URSS a organisé, le lundi 13 juillet 2026 à Bamako une conférence sur le thème : « Intelligence artificielle : opportunités, défis et perspectives pour le développement ». Cette rencontre a réuni des responsables publics et… Read More
L’Association des Alumni de l’ex-URSS a organisé, le lundi 13 juillet 2026 à Bamako une conférence sur le thème : « Intelligence artificielle : opportunités, défis et perspectives pour le développement ». Cette rencontre a réuni des responsables publics et privés, des universitaires, des experts du numérique, des étudiants ainsi que des acteurs du développement afin d’échanger sur les enjeux de l’intelligence artificielle (IA) et son rôle dans la transformation du Mali.
La cérémonie d’ouverture était présidée par le président de l’Association, le Dr Amadou Ouattara, tandis que la conférence principale était animée par le Dr Hamadoun Touré, ancien Directeur général de l’Union internationale des télécommunications (UIT) et ancien ministre. Les échanges étaient modérés par l’ancien ministre Mamadou Coulibaly.
Dans son allocution, le Dr Amadou Ouattara a rappelé que l’Association regroupe d’anciens étudiants formés dans les universités de l’ex-Union soviétique. Selon lui, cette expertise constitue un atout important pour accompagner le développement du Mali. Il a également souligné la volonté de l’Association de renforcer la coopération scientifique, universitaire et technologique entre le Mali et la Fédération de Russie, afin d’accompagner la transformation numérique du pays.
Prenant la parole, le Dr Hamadoun Touré a affirmé que l’intelligence artificielle est une réalité incontournable. « L’intelligence artificielle est là. Devons-nous l’utiliser ou lui jeter des pierres ? », s’est-il interrogé, invitant les participants à adopter une approche pragmatique face à cette révolution technologique.
Selon lui, l’IA représente une opportunité majeure pour le Mali, à condition qu’elle soit utilisée pour répondre aux besoins du pays. Il a plaidé pour le développement d’applications adaptées aux secteurs stratégiques tels que l’agriculture, l’élevage, la santé, l’éducation et l’administration publique, estimant que cette technologie peut contribuer à améliorer les services et à stimuler le développement économique.
Le conférencier a toutefois insisté sur la nécessité de garder l’être humain au centre des décisions.
Si l’IA peut accroître la productivité, accélérer la recherche et favoriser l’innovation, elle ne doit pas remplacer l’intelligence humaine. Il a rappelé que les machines ne possèdent ni conscience, ni émotions, contrairement à l’homme.
Revenant sur l’évolution de cette technologie, le Dr Touré a expliqué que l’essor actuel de l’intelligence artificielle est rendu possible grâce aux progrès de la puissance de calcul, à la disponibilité des données massives et aux importants investissements des grandes entreprises technologiques. Il a également présenté plusieurs domaines d’application, notamment la médecine, la reconnaissance faciale, la cybersécurité, les véhicules autonomes et les assistants numériques.
Le spécialiste a également attiré l’attention sur les défis liés à cette révolution technologique, notamment la protection des données personnelles, les questions d’éthique, l’impact sur l’emploi, la transformation des systèmes éducatifs et les risques liés à la cybersécurité. Il a insisté sur la nécessité de former les jeunes afin qu’ils acquièrent les compétences indispensables pour maîtriser ces nouveaux outils.
Les échanges avec le public ont porté sur les perspectives offertes par l’intelligence artificielle dans plusieurs secteurs ainsi que sur les métiers de demain. Pour le Dr Hamadoun Touré, le retard de l’Afrique dans ce domaine peut constituer un avantage si le continent parvient à tirer les leçons des expériences menées ailleurs et à développer des solutions adaptées à ses réalités.
Représentant le ministre de la Communication, Hamidou Togo a salué cette initiative et indiqué que l’intelligence artificielle figure désormais parmi les priorités du Gouvernement. Il a annoncé la mise en œuvre de plusieurs actions, notamment des programmes de formation, la création d’un Centre d’intelligence artificielle et de robotique, ainsi que l’élaboration d’une Stratégie nationale de l’intelligence artificielle.
Boubacar Diakité Sarr

