Gabon/Libre propos : L’humilité d’un bâtisseur, le Président de la FEGAFOOT Pierre Alain Mounguengui face à la presse à Lambaréné
Je dois le confesser d’entrée : Lambaréné était pour moi une première. Jamais encore je n’avais eu l’occasion de vivre, de l’intérieur, un grand rendez-vous du football gabonais. Alors quand la finale du Championnat national U15 a été annoncée… Read More
Je dois le confesser d’entrée : Lambaréné était pour moi une première. Jamais encore je n’avais eu l’occasion de vivre, de l’intérieur, un grand rendez-vous du football gabonais.
Alors quand la finale du Championnat national U15 a été annoncée dans la capitale du Moyen-Ogooué, j’ai voulu être de ceux qui allaient vivre cet événement autrement qu’à travers un écran. Je ne le regrette pas. Car si le stade a offert son lot d’émotions sportives, c’est en dehors du terrain qu’est né, pour moi, le moment le plus marquant de ce séjour : la rencontre improvisée entre le Président de la FEGAFOOT, Pierre Alain Mounguengui, et la presse.
Ils étaient une quinzaine de médias, venus pour la plupart de Libreville pour couvrir ce championnat national. Rien, dans le protocole prévu par le comité d’organisation, n’annonçait cet échange. Et c’est bien ce qui en fait la valeur. Le Président de la FEGAFOOT Pierre Alain Mounguengui aurait pu s’en tenir à une visite protocolaire, saluer, sourire, repartir. Il a choisi autre chose : se prêter, sans filet et sans détour, au jeu des questions.
C’est peut-être là que j’ai découvert une facette du personnage que je suis pourtant depuis plusieurs mois. Un homme qui ne fuit pas ses responsabilités, qui ne cherche ni excuse ni esquive, mais qui répond avec la patience de celui qui sait que le football se construit sur le temps long.
Un vivier, pas une vitrine
Sur le fond, le président a tenu à corriger une idée reçue : le Championnat national U15 n’est pas un coup d’organisation ponctuel, il se tient chaque année. C’est aussi, a-t-il rappelé, une invitation lancée aux clubs de première et deuxième division à venir suivre de près cette compétition, afin d’y détecter les meilleurs éléments et de les intégrer directement au sein de leurs écuries.
Ce qui frappe, en l’écoutant, c’est la méthode revendiquée : une sélection des cinquante meilleurs éléments repérés à l’issue du tournoi, dont vingt intègrent ensuite la sélection nationale U15 engagée dans les compétitions sous-régionales de la CAF. Une chaîne de détection qui, si elle est suivie dans la durée, dessine une politique plus qu’un simple événement.
« Le Championnat national U15 est un véritable vivier pour nos futures sélections. »
La place des femmes, une évolution assumée
Interrogé sur la présence d’une femme à la tête d’une sélection provinciale, le Président de la FEGAFOOT Pierre Alain Mounguengui n’a pas voulu en faire une nouveauté spectaculaire. Il a préféré rappeler le travail de fond engagé depuis deux ans, notamment la formation organisée à Oyem pour une trentaine de femmes. C’est aux clubs, a-t-il insisté, de faire confiance à ces techniciennes désormais qualifiées.
« Les formations ne doivent pas servir à collectionner des diplômes. »
Des tribunes trop clairsemées
Sur la faible affluence constatée à Lambaréné, le président n’a pas cherché à minimiser le problème, il l’a reconnu comme récurrent dans cette province, tout en le mettant en perspective avec l’engouement observé à Oyem ou à Tchibanga. Il a évoqué des pistes concrètes, comme des animations ou des tombolas, pour redonner au public l’envie de venir au stade.
« J’espère qu’elle retrouvera progressivement cette passion qui a fait sa réputation. »
Le sélectionneur, un dossier tenu avec sérénité
Sur la question qui agite le plus les discussions, celle du futur sélectionneur des Panthères, le Président de la FEGAFOOT Pierre Alain Mounguengui n’a rien lâché, mais sans esquiver non plus. Il a assumé son silence, expliquant qu’il ne s’agissait plus d’une urgence et que la Fédération communiquerait le moment venu.
« Nous avançons sereinement sur ce dossier. »
Ce qui restera de cette rencontre
Mais s’il y a une chose que je retiens par-dessus tout, c’est le message adressé aux jeunes, et en particulier au capitaine de l’équipe battue en finale. Lui dire qu’une défaite à quinze ans n’est qu’une étape, que la vraie mesure du succès se prendra dans dix ans, quand certains de ces 180 enfants réunis à Lambaréné porteront le maillot des clubs de l’élite ou de la sélection nationale, c’est refuser la logique du résultat immédiat pour embrasser celle de la construction.
« Tu as perdu un match, mais ta carrière ne fait que commencer. »
C’est cette cohérence, entre le discours et la posture, qui m’a marqué. Le Président de la FEGAFOOT Pierre Alain Mounguengui n’a pas cherché à convaincre la presse par des formules toutes faites. Il a pris le temps d’expliquer, de justifier, d’assumer, avec la conviction tranquille de celui qui sait où il conduit son projet. Dans un milieu où les dirigeants sportifs préfèrent souvent le silence prudent aux réponses engageantes, ce moment de vérité à Lambaréné mérite d’être retenu comme un exemple.
Et s’il fallait résumer, en une phrase, l’humilité qui habite cet homme, je choisirais celle-ci, prononcée dès la première question de l’entretien :
« Je ne veux pas voler la vedette au comité d’organisation. »
Francis Edgard SIMA MBA Consultant International MCCA, Analyste Stratégique et Éditorialiste

