ÉDITION AU CAMEROUN : L’ANELCAM veut reprendre la main sur la filière du livre
Réunis le 20 octobre 2026 à Yaoundé, les éditeurs camerounais entendent relancer leur organisation professionnelle afin de lutter contre la piraterie, restaurer le dialogue avec les pouvoirs publics et mieux défendre les intérêts de la chaîne du livre. La filière…
Réunis le 20 octobre 2026 à Yaoundé, les éditeurs camerounais entendent relancer leur organisation professionnelle afin de lutter contre la piraterie, restaurer le dialogue avec les pouvoirs publics et mieux défendre les intérêts de la chaîne du livre.
La filière de l’édition au Cameroun cherche un nouveau souffle. Après plusieurs années de fonctionnement jugé peu efficace, l’Association nationale des éditeurs du Cameroun (ANELCAM) veut renouer avec sa mission de représentation et de défense des professionnels du secteur. La rencontre organisée le 20 octobre 2026 à Yaoundé, autour du thème « Éditeurs camerounais : dialoguer pour mieux construire ensemble », marque une volonté de remobilisation collective.
Pour EDZOA Simone, présidente de séance, cette concertation répond à une nécessité : rétablir la cohésion entre les éditeurs et leur permettre de retrouver leur place dans les décisions concernant leur profession. Créée en 2010, l’ANELCAM aurait, selon elle, perdu une partie de son efficacité au cours des cinq à six dernières années. Cette période d’affaiblissement aurait contribué à fragiliser les membres de l’association et, plus largement, l’ensemble de la filière du livre.
Restaurer la représentation professionnelle
L’une des conséquences de cette désorganisation réside dans la diminution de la capacité des éditeurs à défendre collectivement leurs intérêts auprès des institutions publiques. Faute d’un cadre de concertation suffisamment actif, d’autres acteurs ont progressivement occupé des espaces de décision qui devraient, selon EDZOA Simone, revenir aux professionnels de l’édition.
La relance de l’association vise ainsi à rétablir des échanges réguliers avec les pouvoirs publics et les ministères partenaires. L’enjeu est de disposer d’une représentation professionnelle structurée, capable de participer aux discussions sur les politiques du livre, la protection de la propriété littéraire et artistique ainsi que les conditions d’exercice du métier d’éditeur.
La piraterie au cœur des préoccupations
La lutte contre la piraterie constitue un autre chantier prioritaire. Pour la présidente de séance, la circulation d’ouvrages piratés détourne une partie des revenus qui devraient revenir aux auteurs et aux éditeurs. Cette pratique fragilise la rentabilité des investissements éditoriaux et menace l’équilibre économique d’un secteur déjà confronté à des difficultés d’organisation et de distribution.
EDZOA Simone dénonce également la confusion croissante entre les métiers de l’impression et de l’édition. Elle relève que certains imprimeurs se positionnent comme éditeurs, tandis que des professionnels officiellement établis dans l’édition se retrouvent parfois réduits à prêter leur nom. Une situation qui, à ses yeux, traduit l’urgence de clarifier les rôles et de renforcer les pratiques professionnelles.
Une feuille de route pour reconstruire
Pour sortir de cette impasse, l’ANELCAM prévoit, à court terme, la mise en place d’un cadre permanent de dialogue entre éditeurs et la réalisation d’un diagnostic participatif destiné à identifier les difficultés prioritaires. À moyen terme, l’association ambitionne d’adopter une charte de bonnes pratiques professionnelles et éthiques, de développer des formations sur les droits d’auteur et la distribution, puis de structurer une corporation professionnelle officielle.
Le renforcement des partenariats institutionnels et internationaux figure également parmi les orientations annoncées. À plus longue échéance, le projet de construction d’une maison des éditeurs est envisagé. Cette infrastructure devrait accueillir un salon du livre et servir d’espace de formation, de promotion et de collaboration.
Inscrite dans le cadre de la loi n° 2021/007 du 9 juillet 2021 relative à la propriété littéraire et artistique, cette dynamique entend faire de la concertation un levier de professionnalisation. Pour l’ANELCAM, l’avenir de l’édition camerounaise dépend désormais de la capacité des acteurs à dépasser leurs divisions, à défendre les droits des créateurs et à bâtir une filière plus cohérente, au service de la littérature et de la culture nationales.
Albert BOMBA

