Sénégal : Ousmane SONKO prend les commandes de l’assemblée nationale
Limogé de son poste de premier ministre le 22 Mai dernier par le Chef de l’État Bassirou Diomaye Faye, réintégrer à l’assemblée nationale, le leader du PASTEF parti majoritaire à l’assemblée nationale a été élu ce mardi 26 Mai 2026… Read More
Limogé de son poste de premier ministre le 22 Mai dernier par le Chef de l’État Bassirou Diomaye Faye, réintégrer à l’assemblée nationale, le leader du PASTEF parti majoritaire à l’assemblée nationale a été élu ce mardi 26 Mai 2026 Président de l’Assemblée Nationale avec 132 voix sur 165 que compte le parlement sénégalais.
Malgré le boycott fracassant de l’opposition, le Sénégal bascule officiellement dans une cohabitation politique inédite. Le divorce des alliés historiques est désormais consommé, mais la retraite politique n’aura duré que 96 heures. Évincé du gouvernement vendredi dernier, Ousmane Sonko a orchestré une contre-attaque éclair. Avec 132 voix sur 133 exprimées ce matin, le leader de PASTEF s’empare du perchoir de l’Assemblée nationale suite à la démission stratégique de son fidèle allié, El Malick Ndiaye. Par ce vote écrasant, Sonko fait la démonstration de sa force parlementaire et transforme son limogeage en un tremplin politique redoutable.
En réponse à ce séisme, le président Bassirou Diomaye Faye a nommé l’économiste Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô au poste de Premier ministre. Ancien cadre de la BCEAO, le nouveau chef du gouvernement hérite d’une mission hautement périlleuse face à un pays plombé par sa dette. Il devra gouverner sous l’ombre constante de son prédécesseur. Face à une majorité parlementaire totalement acquise à la cause d’Ousmane Sonko, la marge de manœuvre du nouvel exécutif s’annonce d’ores et déjà extrêmement réduite.
Le nœud de la tension s’est déplacé au sein même de l’Hémicycle. Les députés de la principale coalition d’opposition ont quitté la salle dès l’ouverture de la séance pour protester contre ce qu’ils qualifient de « forcing constitutionnel », affirmant que Sonko avait définitivement perdu son mandat en entrant au gouvernement. Désormais installé au perchoir, Ousmane Sonko a immédiatement fustigé « l’hyper-présidentialisme » du régime. La guerre institutionnelle ne fait que commencer : le budget et les réformes du président Faye devront obligatoirement obtenir le feu vert de son rival le plus intime.
Idriss Kouassi


