PROMOTE 2026 : Les énergies renouvelables au cœur de la stratégie de développement du Cameroun
Réunis les 18 et 19 juin 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé, dans le cadre de la 4ᵉ édition du Salon international des énergies renouvelables, les acteurs du secteur ont réaffirmé le rôle stratégique des énergies propres dans la…
Réunis les 18 et 19 juin 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé, dans le cadre de la 4ᵉ édition du Salon international des énergies renouvelables, les acteurs du secteur ont réaffirmé le rôle stratégique des énergies propres dans la transformation économique du Cameroun. Organisée sous le haut patronage du ministère de l’Eau et de l’Énergie par l’Association camerounaise pour les énergies renouvelables (ACER), cette rencontre a mis en lumière les défis énergétiques du pays ainsi que les opportunités offertes par son important potentiel en ressources renouvelables.
Placée sous le thème « Les énergies renouvelables : Levier de croissance socio-économique et de développement durable pour le Cameroun », cette quatrième édition a réuni décideurs publics, investisseurs, chercheurs, entreprises et partenaires techniques autour des enjeux liés à la transition énergétique.
Au cours des échanges, les intervenants ont rappelé que l’énergie constitue l’un des principaux moteurs du développement économique et social. Qu’il s’agisse de l’accès à l’électricité, de la cuisson des aliments, du fonctionnement des infrastructures sanitaires et éducatives ou encore de l’approvisionnement en eau potable, l’énergie reste indispensable à l’amélioration des conditions de vie des populations.
Un déficit énergétique qui freine le développement
Malgré les progrès enregistrés ces dernières années, l’Afrique demeure confrontée à un important déficit énergétique. Selon les données présentées lors du salon, près de 600 millions d’Africains n’ont toujours pas accès à l’électricité, tandis qu’environ 900 millions de personnes utilisent encore des modes de cuisson traditionnels reposant essentiellement sur la biomasse.
Cette dépendance au bois de chauffe et au charbon de bois entraîne des conséquences environnementales et sanitaires majeures. L’utilisation de foyers traditionnels peu performants favorise la déforestation et expose les ménages, notamment les femmes et les enfants, à une pollution de l’air intérieur responsable de nombreuses maladies respiratoires.
Le Cameroun n’échappe pas à cette réalité. Le bois-énergie représente encore près de 65 % de la consommation énergétique finale du pays, principalement pour les besoins de cuisson. Par ailleurs, si le taux national d’accès à l’électricité atteint environ 74 %, de fortes disparités persistent entre les centres urbains et les zones rurales, où ce taux ne dépasse pas 24 %.
Le « Compact énergétique » comme feuille de route
Face à ces défis, le gouvernement camerounais a adopté en septembre 2025 une nouvelle stratégie énergétique regroupée dans le document intitulé « Compact énergétique ». Cette feuille de route accorde une place centrale au développement des énergies renouvelables, considérées comme l’un des piliers essentiels de la politique énergétique nationale. L’objectif est d’améliorer durablement l’accès à une énergie moderne, fiable et abordable, tout en réduisant la dépendance aux combustibles traditionnels et en accélérant la transition vers une économie plus verte.
Les participants au salon ont rappelé que le Cameroun dispose d’atouts considérables pour réussir cette transition énergétique. Le pays possède notamment un potentiel hydroélectrique estimé à plus de 12 gigawatts, dont moins de 10 % seulement sont actuellement exploités. À cela s’ajoute un important gisement solaire, avec une irradiation moyenne comprise entre 4 et 6 kWh par mètre carré et par jour sur l’ensemble du territoire.
Le potentiel en biomasse demeure également important grâce à un couvert forestier de plus de 22 millions d’hectares. Les ressources éoliennes sont particulièrement favorables dans les monts Bamboutos ainsi que dans les régions septentrionales où les vents atteignent des vitesses pouvant dépasser six mètres par seconde. Enfin, des ressources géothermiques sont identifiées dans les zones du mont Cameroun et de l’Adamaoua.
Pour les experts, ces différentes ressources offrent au pays des perspectives importantes pour diversifier son mix énergétique et répondre aux besoins croissants des populations et des entreprises.
Faire des énergies renouvelables un moteur de croissance
Au-delà des enjeux environnementaux, les organisateurs du salon ont insisté sur la contribution des énergies renouvelables à la création d’emplois, au développement industriel, à l’amélioration de la compétitivité des entreprises et à l’accès des populations rurales aux services de base.
La transition énergétique apparaît ainsi comme un levier majeur de croissance inclusive, capable de soutenir l’industrialisation du Cameroun tout en renforçant sa résilience face aux effets du changement climatique.
En réunissant les principaux acteurs du secteur, cette quatrième édition du Salon international des énergies renouvelables ambitionne de favoriser les partenariats, de stimuler les investissements et d’accélérer la mise en œuvre de solutions innovantes adaptées aux réalités locales.
À l’heure où le Cameroun cherche à consolider son développement économique tout en respectant ses engagements climatiques, les énergies renouvelables apparaissent plus que jamais comme un pilier incontournable de sa stratégie de développement durable.
Jean Luc Atangana


