VACANCES SANS SIDA : Le gouvernement et les pairs éducateurs s’activent pour former une génération responsable
La 24e édition de cette campagne nationale de sensibilisation a été officiellement lancée le 22 juillet 2026 au siège de Synergies Africaines, à Yaoundé, par le ministre de la Jeunesse et de l’Éducation civique, Mounouna Foutsou. Placée sous le thème…
La 24e édition de cette campagne nationale de sensibilisation a été officiellement lancée le 22 juillet 2026 au siège de Synergies Africaines, à Yaoundé, par le ministre de la Jeunesse et de l’Éducation civique, Mounouna Foutsou. Placée sous le thème « Vacances responsables, jeunesse sans SIDA », l’initiative vise à protéger la jeunesse pendant la période des vacances.
Comme à l’accoutumée, cette campagne de sensibilisation des jeunes par les jeunes va se déployer dans les dix régions du Cameroun, en partenariat avec le ministère de la Santé publique, Synergies Africaines contre le SIDA et les Souffrances, ainsi que le Comité national de lutte contre le SIDA. Le message des pairs éducateurs est constant : « Chaque jeune sensibilisé est une vie protégée », tant il est vrai que les jeunes de 15 à 24 ans restent la tranche d’âge la plus touchée par la pandémie du VIH/SIDA.
Dans les discours de leurs représentants, ils ont insisté sur la responsabilité individuelle, soulignant que chaque comportement responsable constitue une victoire contre le VIH. Chaque pair éducateur est un artisan de l’avenir de notre nation. Ils ont, par conséquent, appelé leurs camarades à « faire les bons choix, refuser les comportements à risque, se protéger et protéger les autres ». Ils se sont présentés comme « les artisans d’une génération plus consciente, plus responsable et résolument engagée dans la lutte contre le VIH ». Pour eux, la sensibilisation par les pairs constitue le levier le plus efficace pour toucher les jeunes là où ils se trouvent.
Lancée il y a plus de 20 ans par Chantal Biya, ambassadrice spéciale de l’ONUSIDA, Vacances sans SIDA (VSS) revient en 2026 dans un contexte marqué par de profondes mutations sociales, économiques, culturelles et numériques qui influencent le comportement des jeunes.
Malgré les progrès significatifs du Cameroun dans la lutte contre le VIH/SIDA, les adolescents et les jeunes demeurent particulièrement exposés à des facteurs de vulnérabilité. Le MINJEC a notamment pointé la fragilisation de certaines cellules familiales, les influences négatives des groupes de pairs, l’exposition à des contenus numériques inappropriés, la consommation de drogues, d’alcool et d’autres substances psychoactives, ainsi que la persistance des violences basées sur le genre.
Le déploiement de l’édition 2026
La campagne ne se limite plus à la seule prévention médicale. Elle s’inscrit dans une approche intégrée associant prévention, éducation civique et sanitaire, accompagnement psychosocial, promotion des valeurs citoyennes et mobilisation communautaire.
Son objectif principal est de faire des vacances une véritable opportunité de formation citoyenne, de renforcement des compétences de vie, de responsabilisation et d’engagement au service de la communauté. En 2025, la campagne VSS a enregistré des résultats particulièrement encourageants, témoignant de la pertinence de l’approche communautaire.
Parmi les principaux résultats, près de 30 000 personnes ont été dépistées, avec 217 cas positifs, dont 138 nouveaux cas. Par ailleurs, 96 personnes diagnostiquées séropositives ont été mises sous traitement antirétroviral. La campagne a également permis de dépister environ 18 000 personnes pour l’hépatite B, parmi lesquelles 706 cas positifs ont été identifiés, dont 679 ont été référés vers les structures sanitaires.
Pour la campagne 2026, la caravane VSS va dérouler un programme ambitieux. Il s’agit notamment de faire de VSS une plateforme nationale de la campagne intégrée de lutte contre le VIH, le paludisme et la tuberculose ; de recruter au moins 900 pairs éducateurs dans les dix régions afin de sensibiliser leurs semblables à travers les interventions médiatiques, la communication digitale et la sensibilisation de proximité ; de dépister au moins 40 000 personnes pour le VIH, l’hépatite virale B, le paludisme et la tuberculose ; de mettre sous traitement au moins 95 % des personnes déclarées séropositives ; et de distribuer au moins 500 000 préservatifs, féminins et masculins, ainsi que des lubrifiants.
La contribution du gouvernement, à travers le MINJEC, est également notable. L’institution déploie sur le terrain son vaste réseau constitué de centres multifonctionnels de promotion des jeunes, d’organisations de jeunesse, de pairs éducateurs, de volontaires, de médiateurs communautaires et d’équipes mobiles d’animation populaire.
L’édition 2026 s’arrime directement à la Politique nationale de la jeunesse 2025-2035 et au Nouveau Projet de Grandes Ambitions du président Paul Biya, qui érigent la jeunesse en priorité stratégique de l’action publique.
En procédant au lancement officiel de VSS, le ministre de la Jeunesse et de l’Éducation civique, Mounouna Foutsou, a d’abord salué les efforts soutenus déployés par le Gouvernement de la République, avec l’appui des partenaires techniques et financiers, des organisations de la société civile et des communautés, qui ont permis des avancées notables dans la lutte contre le VIH.
Il a ensuite mis en garde contre tout relâchement. Citant le chef de l’État, il a rappelé : « La dépravation des mœurs, les comportements inciviques et déviants, la violence, l’indiscipline, la consommation de l’alcool et des stupéfiants progressent dans notre société », un extrait du message du président Paul Biya à la jeunesse du 10 février 2024, qui conserve aujourd’hui toute sa pertinence.
Pour le ministre, l’enjeu dépasse la santé : « Investir dans la jeunesse, c’est investir dans le capital humain de la nation. Préserver la santé physique, mentale, sociale et civique des jeunes constitue, pour l’ensemble des acteurs en charge de leur encadrement, une exigence fondamentale. »
Il a, par ailleurs, évoqué la nécessité d’un front uni en faveur des jeunes : « La protection de la jeunesse ne peut être l’affaire d’une seule institution. Elle est une responsabilité collective qui interpelle l’État, les collectivités territoriales, les partenaires techniques et financiers, les organisations de la société civile, les leaders communautaires, les familles et les jeunes eux-mêmes. » Et d’ajouter : « En unissant nos expertises, nos ressources et nos engagements, nous pourrons bâtir une réponse plus efficace face aux différentes menaces de santé publique. »
Germaine Ngo Holl




