Trois Marthe : des vies engagées dans le combat nationaliste camerounais
Les trois Marthe, des vies engagées dans le combat nationaliste camerounais Avec le Club Journal-Centre Éducatif Bastos Marthe NGO MAYACK, Marthe EDING et Marthe EKEMEYONG ont partagé la vie de trois grandes figures de l’Union des populations du Cameroun (UPC)… Read More
Les trois Marthe, des vies engagées dans le combat nationaliste camerounais
Avec le Club Journal-Centre Éducatif Bastos
Marthe NGO MAYACK, Marthe EDING et Marthe EKEMEYONG ont partagé la vie de trois grandes figures de l’Union des populations du Cameroun (UPC) : Ruben UM NYOBÈ, Ernest OUANDIÉ et Félix-Roland MOUMIÉ. Mais leur place dans l’histoire dépasse celle d’épouses de dirigeants. Militantes, elles ont participé à la lutte nationaliste, traversé la clandestinité, l’exil et le deuil, puis contribué à transmettre la mémoire de cet engagement.
Marthe UM NYOBÈ, gardienne de la mémoire du Mpodol
Née en 1925, Marthe NGO MAYACK épouse Ruben UM NYOBÈ en 1944. Engagée au sein de l’UPC, elle participe à la mobilisation dans les villages et accompagne son mari dans le maquis, où elle endure les privations et l’insécurité.
Après l’assassinat du leader nationaliste, le 13 septembre 1958, elle se consacre à préserver son héritage. À Boumnyébel, elle accueille les visiteurs venus se recueillir et transmet aux jeunes générations les valeurs de liberté et d’indépendance défendues par le « Mpodol« . Elle s’éteint le 27 novembre 2023, à 98 ans, dernière survivante des trois Marthe.
Marthe OUANDIÉ, une voix portée jusqu’aux Nations unies
Née en 1921, Marthe EDING est une militante de l’UPC et vice-présidente de l’Union des femmes démocratiques du Cameroun (UDEFEC). En 1959, elle intervient aux Nations unies lors des débats consacrés au Cameroun, portant les revendications nationalistes sur la scène internationale.
Son parcours est marqué par les séparations familiales et les épreuves liées à la répression du mouvement. Après l’exécution d’Ernest OUANDIÉ, le 15 janvier 1971, elle continue de faire vivre la mémoire de son mari et de ses compagnons de lutte. Elle décède à Bonabéri le 15 avril 2016, à 95 ans.
Marthe MOUMIÉ, une existence bouleversée par l’exil et la répression
Née le 4 septembre 1931 à Ebom-Essawo, Marthe EKEMEYONG épouse Félix-Roland MOUMIÉ en 1950. Militante de l’UPC et figure de l’UDEFEC, elle connaît l’exil et participe à la recherche de soutiens internationaux pour la cause camerounaise.
L’assassinat de MOUMIÉ à Genève, le 3 novembre 1960, ouvre une nouvelle période d’épreuves. Remariée au nationaliste équato-guinéen Atanasio NDONG MIYONE, tué en 1969, elle est ensuite renvoyée au Cameroun, où elle subit la torture et plusieurs années d’emprisonnement.
À sa libération, elle poursuit son combat pour la mémoire de MOUMIÉ et publie un témoignage sur sa vie. Elle est retrouvée assassinée à son domicile en janvier 2009.
À travers ces trois destins se dessine une dimension essentielle de l’histoire du Cameroun : celle de femmes qui ont pris part à la lutte pour l’indépendance et porté, durant des décennies, la mémoire de ses acteurs.

