Protection des adolescentes : Le Cameroun veut changer d’échelle avec le Forum WECARE+
La protection des adolescentes et leur autonomisation s’installent au cœur d’une nouvelle dynamique nationale au Cameroun. Le ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF) et l’Association des Femmes Africaines Intègres pour la Recherche et le…
La protection des adolescentes et leur autonomisation s’installent au cœur d’une nouvelle dynamique nationale au Cameroun. Le ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF) et l’Association des Femmes Africaines Intègres pour la Recherche et le Développement (AFAIRD) ont organisé, le 28 septembre 2026 à Yaoundé, la première édition du Forum WECARE+. Cette rencontre, placée sous le thème « Investir dans le leadership des femmes et la résilience des communautés », ambitionne de transformer les expériences menées sur le terrain en une réponse durable à l’échelle nationale.
Réunissant représentants du gouvernement, organisations de la société civile, partenaires techniques et financiers, chercheurs et acteurs du secteur privé, le forum s’est fixé un objectif central : renforcer les mécanismes permettant aux adolescentes camerounaises, qu’elles soient scolarisées ou non et qu’elles vivent ou non dans des zones affectées par les crises, d’accéder à une identité légale, à une éducation sécurisée et aux conditions nécessaires à leur autonomie.
Cette initiative s’appuie notamment sur l’accord-cadre de partenariat conclu entre le MINPROFF et l’ONG AFAIRD. Elle capitalise également sur les acquis des projets IGNITE et ONU Femmes E-BASE. Au centre de cette approche figure le modèle baptisé « TRANSFORM-ELLES », qui articule trois dimensions : l’autonomisation économique des femmes, la promotion de l’égalité de genre et la protection de la famille et de l’enfance.
L’expérimentation conduite dans dix établissements scolaires de Maroua et de Bogo constitue l’un des principaux acquis présentés au cours du forum. L’ambition affichée est désormais d’élargir progressivement cette expérience. Dès 2027, le dispositif devrait concerner 30 écoles situées dans le Logone-et-Chari, le Ndelele et la Mezam, avec pour perspective d’atteindre une centaine d’établissements à l’horizon 2030. « Nous avons dix écoles dans lesquelles nous avons déjà fait des preuves, où on a déjà des jeunes filles qui sont qui se sentent assez autonomes pour leur éducation. Nous avons déjà six toilettes « Gestion de l’Hygiène Mensuelle » disponibles. Nous avons sur l’étendue du territoire plus de 1 million de serviettes hygiéniques réutilisables pour une bonne gestion de l’hygiène mensuelle à l’effet de maintenir les filles à l’école pendant leurs menstruations » a expliqué Nathalie KENMOGNE, présidente de AFAIRD.
Le passage de projets pilotes à une politique publique structurée constitue ainsi l’un des enjeux majeurs de WECARE+. Les organisateurs prévoient notamment de préciser les engagements financiers et techniques des différentes parties prenantes. Cette étape doit préparer la mise en place de la Coalition Nationale WECARE+, appelée à soutenir le déploiement du modèle dans les différentes régions du pays.
Au-delà de la question de l’éducation, WECARE+ entend répondre à plusieurs vulnérabilités auxquelles sont confrontées les adolescentes. Le communiqué souligne notamment les situations de jeunes filles privées d’acte de naissance, exposées aux violences basées sur le genre ou confrontées à des difficultés d’accès à l’école. Dans cette perspective, le partenariat entre le MINPROFF et l’AFAIRD est présenté comme une étape visant à inscrire durablement ces interventions dans l’action publique.
Avec le Forum WECARE+, les promoteurs veulent donc faire de la protection des adolescentes un enjeu transversal associant éducation, autonomisation, égalité de genre et protection de l’enfance. L’expérience des dix écoles pilotes doit désormais servir de base à une extension progressive du dispositif, avec l’objectif de toucher davantage de jeunes filles et de renforcer, à terme, les mécanismes nationaux de prévention et de protection.
Jean NDI




