Pont de Malombo : la fin d’un cimetière liquide, l’aube d’un nouvel espoir
La fin d’un cimetière liquide, l’aube d’un nouvel espoir Par Sergio T. Le pont de Malombo, inauguré le 5 août 2026 dans le département du Nyong-et-Kéllé, est bien plus qu’un ouvrage d’art. Pour les populations locales, il symbolise la fin… Read More
La fin d’un cimetière liquide, l’aube d’un nouvel espoir
Par Sergio T.
Le pont de Malombo, inauguré le 5 août 2026 dans le département du Nyong-et-Kéllé, est bien plus qu’un ouvrage d’art. Pour les populations locales, il symbolise la fin de plusieurs décennies de drames liés à la traversée du fleuve Nyong, où de nombreuses vies ont été perdues dans des accidents de pirogues.
Parmi les tragédies les plus marquantes figure celle du 7 juin 2022, lorsqu’une embarcation transportant des personnes venues assister à des funérailles a chaviré, faisant une dizaine de victimes, dont sept membres d’une même famille. Ce drame, ainsi que d’autres noyades survenues au fil des années, a mis en évidence l’urgence de sécuriser cette traversée.
L’émotion est encore vive chez les habitants. Le chef du canton Longue se souvient des nombreuses traversées périlleuses de son enfance et confie avoir versé des larmes en empruntant le pont pour la première fois, pensant à tous ceux qui sont morts sans avoir connu cette infrastructure. Une autre tragédie, celle de jeunes élèves emportés par les eaux alors qu’ils venaient de réussir leurs examens, avait profondément marqué l’opinion publique et contribué à accélérer la décision de construire le pont.
À la suite des instructions du président de la République, les travaux ont été lancés en 2024. Réalisé pour un coût de plus de 9 milliards de FCFA, l’ouvrage long de 160 mètres comprend deux voies de circulation, des trottoirs pour les piétons et des aménagements d’accès destinés à désenclaver durablement la zone.
Lors de l’inauguration, les autorités administratives, traditionnelles et religieuses ont unanimement salué une réalisation qui met fin à une longue période de souffrance. L’évêque d’Eséka a rappelé que le Nyong était devenu un « cimetière liquide » avant de bénir un pont qui « unit désormais ce qui séparait ». Les responsables locaux ont également souligné les retombées attendues sur l’agriculture, le commerce, l’accès aux soins, à l’éducation et la mobilité des populations.
Très impliquée dans ce dossier, la ministre des Affaires sociales, Pauline Irène Nguene, affectueusement surnommée par le chef du canton Longue « la grand-mère du pont de Malombo », a rappelé les longues années d’angoisse vécues par les populations. Elle a évoqué les difficultés quotidiennes des élèves, commerçants, agriculteurs, travailleurs, malades et voyageurs contraints d’affronter les eaux du Nyong, ainsi que les nombreuses opportunités économiques perdues à cause de l’enclavement. Pour elle, « cette réalité appartient désormais au passé ». Grâce à cette infrastructure, a-t-elle souligné, l’angoisse laisse place à l’espoir : les enfants rejoindront l’école en toute sécurité, les familles accéderont plus facilement aux marchés, les producteurs écouleront leurs récoltes dans de meilleures conditions et l’accès aux soins de santé sera considérablement amélioré.
Le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, a pour sa part insisté sur la portée humaine et économique de cette réalisation en affirmant que « le pont rapproche, le pont unit, le pont crée des conditions de rapprochement, d’échanges et de concorde ».
Au-delà du béton et de l’acier, le pont de Malombo incarne un hommage à la mémoire des victimes et une promesse d’avenir. Il transforme un lieu longtemps associé au deuil en un symbole de sécurité, de développement et d’espoir pour les générations futures. Les populations ont tenu à remercier solennellement le Chef de l’Etat pour cette réalisation.

