Manganèse : Eramet entre soutien français et ambitions gabonaises
Eramet entre soutien français et ambitions gabonaises Par la rédaction L’État français entend devenir le premier actionnaire d’Eramet à la faveur d’une augmentation de capital de 500 millions d’euros annoncée pour fin 2026. Détenant déjà 27,1 % du groupe, Paris… Read More
Eramet entre soutien français et ambitions gabonaises
Par la rédaction
L’État français entend devenir le premier actionnaire d’Eramet à la faveur d’une augmentation de capital de 500 millions d’euros annoncée pour fin 2026. Détenant déjà 27,1 % du groupe, Paris prévoit de souscrire à l’opération et de reprendre tout ou partie des droits de souscription de la famille Duval, sous réserve des autorisations nécessaires.
Cette recapitalisation doit soutenir un groupe fragilisé financièrement. À fin juin 2026, Eramet affichait une dette nette de 1,87 milliard d’euros et une perte semestrielle de 146 millions d’euros, hors filiale calédonienne SLN. Pour la France, l’enjeu est aussi de préserver ses intérêts dans les minerais stratégiques, notamment le manganèse, le nickel et le lithium.
Au Gabon, où sa filiale Comilog exploite le manganèse, Eramet mise sur une meilleure productivité et sur la modernisation du Transgabonais pour améliorer ses résultats. Mais Libreville souhaite accélérer la transformation du minerai sur son territoire, avec une interdiction annoncée des exportations de manganèse brut à compter du 1er janvier 2029.
Un accord conclu en juillet 2026 prévoit l’étude de trois options industrielles, susceptibles de permettre la transformation locale de 700 000 tonnes de minerai par an d’ici fin 2031. Elles concernent la réhabilitation du Complexe métallurgique de Moanda, une nouvelle usine d’alliages près de la côte et une unité de production d’oxyde de manganèse près de Libreville.
Ces projets dépendent toutefois du financement, des infrastructures et de l’accès à une électricité compétitive. Certaines installations ne seraient opérationnelles qu’après l’échéance de 2029. Si le soutien français pourrait renforcer les capacités financières d’Eramet, aucune enveloppe spécifique n’a été annoncée pour les investissements gabonais. Leur concrétisation reste déterminante pour les ambitions industrielles de Libreville.

