Gabon : Sécurité des patients, le pays veut faire de la qualité des soins une exigence permanente
À l’occasion de la Journée internationale de la sécurité des patients, célébrée ce 17 septembre 2026, la ministre de la Santé, le Pr Elsa Nkana Joséphine Ayo, a réaffirmé la volonté du gouvernement de placer la sécurité des patients au… Read More
À l’occasion de la Journée internationale de la sécurité des patients, célébrée ce 17 septembre 2026, la ministre de la Santé, le Pr Elsa Nkana Joséphine Ayo, a réaffirmé la volonté du gouvernement de placer la sécurité des patients au cœur de l’amélioration du système de santé gabonais. Pour l’édition 2026, consacrée aux soins sûrs pour les personnes vivant avec des maladies non transmissibles, le ministère entend renforcer la qualité des parcours de soins, les droits des patients et la participation des usagers.
La sécurité des patients s’impose désormais comme un enjeu majeur de santé publique au Gabon. Dans son message à l’occasion de la Journée internationale de la sécurité des patients, la ministre de la Santé, le Pr Elsa Nkana Joséphine Ayo, a rappelé qu’« toute personne accueillie dans une structure de soins doit bénéficier d’une prise en charge de qualité, sûre, digne et respectueuse ».
Pour l’édition 2026, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a retenu le thème « Des soins sûrs pour la vie ! ». Une orientation qui met particulièrement l’accent sur les personnes vivant avec des maladies non transmissibles, notamment l’insuffisance rénale chronique, le diabète, les maladies cardiovasculaires, les cancers et les maladies respiratoires chroniques.
Ces pathologies, qui représentent près de 75 % des décès dans le monde, nécessitent souvent des prises en charge longues, complexes et impliquant plusieurs professionnels de santé. « Plus ce parcours de soins est complexe, plus nous devons être exigeants sur sa sécurité », a souligné la ministre.
La sécurité des soins, une priorité du système de santé
Pour le Pr Elsa Nkana Joséphine Ayo, la sécurité des patients constitue désormais une composante essentielle de l’amélioration du système de santé national. Elle rappelle que le Gabon a fait de la santé une priorité stratégique de l’action publique et un engagement majeur en faveur du bien-être des populations.
Cette ambition, souligne-t-elle, s’inscrit dans la vision portée par le Président de la République, Chef de l’État et Chef du Gouvernement, Brice Clotaire Oligui Nguema, qui déclarait, lors de son discours du 30 août 2026 à Makokou : « La santé demeure une priorité absolue de mon action. »
La ministre estime ainsi que la sécurité des soins doit être pensée à toutes les étapes du parcours du patient. Elle repose notamment sur l’engagement des professionnels de santé, des responsables d’établissements, mais également des patients et des usagers.
Parmi les pratiques à renforcer figurent l’identification fiable des patients, la prévention des infections associées aux soins, la coordination entre les professionnels de santé, ainsi que la transmission rigoureuse et sécurisée des informations médicales, afin notamment de réduire les risques d’erreurs.
Une semaine dédiée à la sécurité du patient
Dans cette dynamique, le ministère de la Santé organise, du 14 au 18 septembre 2026, la Semaine de la sécurité du patient, avec des journées portes ouvertes dans plusieurs structures sanitaires du pays autour du concept « Soins de proximité ».
Deux actions majeures sont notamment mises en avant : la vulgarisation de la Charte du patient et la mise en place des Commissions des usagers dans les structures sanitaires.
À travers la Charte du patient, le ministère souhaite permettre à chaque citoyen de mieux connaître ses droits et ses devoirs. Il s’agit notamment du droit à un accueil digne, à une information claire, au respect du secret médical et à la participation aux décisions relatives à sa santé.
Les Commissions des usagers doivent, quant à elles, constituer des espaces d’écoute et de dialogue. Elles auront vocation à recueillir les préoccupations et les plaintes des patients, à identifier les éventuels dysfonctionnements et à contribuer à leur résolution, en collaboration avec les associations de patients.
« Le patient ne doit plus être uniquement celui qui reçoit les soins. Il doit aussi être entendu sur la manière dont ces soins sont organisés et dispensés », a insisté la ministre.
Une attention particulière aux maladies chroniques
La sécurité des patients revêt une importance particulière pour les personnes vivant avec des maladies non transmissibles, dont le parcours médical peut s’étendre sur plusieurs années et mobiliser différents professionnels.
Le ministère entend notamment sécuriser la prescription, la délivrance et le suivi des traitements, particulièrement dans les situations de polymédication. L’information et l’éducation thérapeutique des patients devront également être renforcées afin de leur permettre de participer pleinement à leur prise en charge.
La continuité des soins et la transmission rigoureuse des informations médicales figurent également parmi les priorités affichées. Le ministère souhaite par ailleurs développer une véritable culture du signalement des incidents afin de mieux identifier les risques et d’éviter leur répétition.
De l’activité à la qualité des soins
Autre changement annoncé : l’évolution des critères d’évaluation des établissements de santé. Pour le ministère, il ne suffit plus de mesurer uniquement l’activité des structures sanitaires.
La qualité des soins, leur sécurité et l’expérience vécue par les patients doivent désormais occuper une place plus importante dans l’évaluation des établissements.
« C’est une nouvelle exigence pour notre système de santé : faire mieux, mais surtout faire plus sûr », a déclaré la ministre.
Le Pr Elsa Nkana Joséphine Ayo a, dans ce sens, appelé les professionnels de santé à faire preuve de dévouement, de vigilance et de rigueur au quotidien. Aux responsables des établissements, elle rappelle que la sécurité des soins doit être organisée, suivie et évaluée, mais aussi intégrée aux procédures et à la culture de chaque structure.
Aux patients et aux usagers, la ministre adresse un message de confiance : « L’hôpital public est votre hôpital. » Elle assure que chacun doit pouvoir y être accueilli avec dignité, informé, écouté et respecté. La parole des patients, insiste-t-elle, doit contribuer à l’amélioration des services de santé.
Faire de la sécurité une culture quotidienne
Au-delà de la célébration annuelle, la Journée internationale de la sécurité des patients doit, selon la ministre, servir de point de départ à une démarche permanente. L’objectif affiché est de faire de la sécurité du patient une véritable culture quotidienne dans chaque structure de santé du Gabon.
En plaçant la sécurité des patients au cœur de son action, le ministère de la Santé entend faire évoluer les pratiques et renforcer la confiance entre les populations et les structures de soins. Prévenir les risques, mieux écouter les usagers, améliorer la coordination des soins et tirer les enseignements des incidents constituent désormais des exigences présentées comme essentielles à la transformation du système de santé.
Pour le Pr Elsa Nkana Joséphine Ayo, la sécurité du patient dépasse ainsi le cadre d’une simple journée de sensibilisation. Elle relève d’une responsabilité collective et d’un engagement durable de santé publique. « La sécurité du patient n’est pas une option », rappelle-t-elle. « Elle est une obligation, une responsabilité et un engagement de santé publique. »
La rédaction




