Gabon : 3e Journée pharmaceutique nationale, l’Ordre National des pharmaciens remet l’éthique et la responsabilité au cœur de la profession
Placée sous le thème « Le pharmacien au cœur des réformes sanitaires : Éthique, Responsabilité et Qualité des soins », la 3e Journée pharmaceutique nationale s’est tenue, le 25 septembre 2026, à Libreville. Une rencontre qui a permis aux acteurs… Read More
Placée sous le thème « Le pharmacien au cœur des réformes sanitaires : Éthique, Responsabilité et Qualité des soins », la 3e Journée pharmaceutique nationale s’est tenue, le 25 septembre 2026, à Libreville. Une rencontre qui a permis aux acteurs du secteur de revisiter les fondamentaux de la profession, de débattre des défis du système pharmaceutique et de rendre un hommage appuyé aux pionniers de la pharmacie au Gabon.
L’Ordre national des pharmaciens a donné rendez-vous aux professionnels du médicament, aux universitaires et aux différents acteurs du système de santé à l’occasion de la troisième édition de la Journée pharmaceutique nationale. Une édition placée sous le signe de l’éthique professionnelle, de la responsabilité et de la qualité des soins.
À travers ce thème, l’Ordre entend rappeler la place stratégique du pharmacien dans les réformes engagées dans le secteur de la santé. De l’approvisionnement à la dispensation, en passant par la régulation, la pharmacie hospitalière, la formation et la pharmacovigilance, le pharmacien se trouve au cœur d’une chaîne dont l’objectif demeure la sécurité du patient.
L’éthique, un socle de l’exercice pharmaceutique
Dans son mot de circonstance, la présidente de l’Ordre national des pharmaciens, Dr Patience Ntogono Oke, a placé l’éthique et la responsabilité au centre de son intervention.
Pour elle, ces valeurs constituent des fondamentaux de l’exercice pharmaceutique qu’il convient de rappeler et de renforcer tout au long du parcours professionnel.
« Il n’y a pas de médicaments sans pharmacien », a-t-elle notamment souligné, insistant sur la nécessité d’une profession davantage engagée dans l’amélioration de la qualité des soins et dans la mise à disposition de médicaments sûrs, certifiés et de qualité.
Dans cette perspective, la Journée pharmaceutique nationale se veut également un espace d’échanges, de partage d’expériences et de mise à niveau des connaissances. Une démarche qui doit permettre aux pharmaciens de mieux répondre aux mutations du système de santé.
Le pharmacien face aux réformes sanitaires
Les différentes communications ont permis d’aborder les principaux défis auxquels reste confronté le secteur pharmaceutique national.
La question de l’accès équitable aux médicaments et aux autres produits de santé (MAPS) a notamment été au centre des discussions, à travers des réflexions sur la chaîne nationale d’approvisionnement, le rôle de l’Office pharmaceutique national (OPN), la régulation du médicament et les mécanismes d’assurance maladie.
La pharmacie hospitalière a également fait l’objet d’une attention particulière, avec des échanges consacrés à son rôle dans l’amélioration de l’accès aux soins, la maîtrise des coûts et la sécurisation du circuit du médicament.
Autre enjeu majeur : la transformation numérique. Les participants ont plaidé pour une digitalisation progressive du circuit allant de la prescription à la délivrance, ainsi que pour la mise en place d’un dossier pharmaceutique numérisé pour les patients.
Formation et qualité : deux leviers essentiels
La qualité des soins passe également par la qualité de la formation. Les échanges consacrés à la formation des pharmaciens à l’Université des sciences de la santé ont ainsi mis en évidence la nécessité d’adapter les curricula aux réalités et aux besoins du système sanitaire gabonais.
L’harmonisation des curricula de formation, le renforcement des ressources humaines et le développement de la formation continue figurent parmi les recommandations issues des travaux.
L’Ordre souhaite également susciter davantage d’intérêt chez les étudiants en pharmacie pour certaines spécialités, notamment l’addictologie, afin de répondre aux besoins émergents de santé publique.
La recherche au service de la santé publique
La recherche scientifique n’a pas été en reste. Les travaux présentés ont notamment porté sur le développement et l’évaluation d’un test de diagnostic rapide de la drépanocytose adapté aux contextes à ressources limitées.
Les participants se sont également intéressés aux préparations à base de plantes commercialisées sous les appellations « Atote » et « La Paix », dans le cadre d’une étude comparative avec le sildenafil.
Une autre communication consacrée aux molécules bioactives de Tabernanthe iboga a ouvert des perspectives de recherche sur leur potentiel pharmacologique, à travers notamment le docking moléculaire.
La lutte contre l’automédication aux antipaludiques, les vigilances en officine et le rôle du pharmacien dans la sécurité sanitaire nationale ont également alimenté les débats.
Hommage aux bâtisseurs de la profession
L’un des temps forts de cette troisième édition aura été l’hommage rendu aux aînés et pionniers de la pharmacie au Gabon.
À travers cette reconnaissance, l’Ordre national des pharmaciens a voulu saluer la mémoire et le parcours de celles et ceux qui ont contribué à poser les fondations de la profession pharmaceutique dans le pays.
Un hommage qui prend tout son sens dans le contexte actuel de transformation du système de santé. Car si la profession entend se projeter vers la digitalisation, l’innovation et de nouvelles exigences de qualité, elle revendique également un héritage construit par plusieurs générations de pharmaciens.
La transmission des valeurs, de l’expérience et de l’éthique professionnelle apparaît ainsi comme un élément essentiel de la relève.
Des recommandations pour renforcer le secteur pharmaceutique au Gabon
À l’issue des travaux, plusieurs recommandations ont été formulées. Elles concernent notamment l’harmonisation des inspections pharmaceutiques, le développement de la coopération Sud-Sud pour contribuer à lutter contre les pénuries, ainsi que le renforcement des capacités logistiques de stockage et de transport des médicaments.
Les participants ont également appelé à sécuriser les financements, à accélérer la digitalisation du secteur et à renforcer les procédures et manuels qualité permettant de mieux encadrer le circuit d’approvisionnement et de distribution des MAPS.
En milieu hospitalier, la digitalisation du circuit des MAPS et l’autonomie financière des pharmacies à usage intérieur sont également préconisées.
Sur le volet réglementaire, la création d’un référentiel commun pour assurer une identification unique de chaque médicament mis sur le marché figure parmi les propositions.
Les professionnels recommandent par ailleurs le retrait du marché des produits à base de plantes contenant du sildenafil et une meilleure sensibilisation des populations sur les risques liés à leur utilisation.
Cap sur une pharmacie plus moderne et plus responsable
En clôturant cette troisième Journée pharmaceutique nationale, l’Ordre national des pharmaciens a ainsi posé les bases d’une réflexion plus large sur l’avenir de la profession.
Entre exigences éthiques, responsabilité professionnelle, innovation scientifique, transformation numérique et amélioration de la qualité des soins, le message porté au cours de cette rencontre est clair : le pharmacien doit pleinement prendre sa place dans les réformes sanitaires du pays.
Et pour construire cette pharmacie de demain, les professionnels entendent s’appuyer sur l’expérience des pionniers, renforcer les compétences des nouvelles générations et inscrire durablement l’éthique, la responsabilité et la qualité des soins au cœur de l’exercice pharmaceutique au Gabon.
Saint Clair kengue

