Énergie électrique : près de 3 000 fraudes détectées en trois semaines à Yaoundé et Douala
Près de 3 000 fraudes détectées en trois semaines à Yaoundé et Douala Par Sylvie Ottou Le gouvernement camerounais place la lutte contre la fraude à l’électricité parmi les priorités du plan de redressement 2026-2028 de la Société camerounaise d’électricité… Read More
Près de 3 000 fraudes détectées en trois semaines à Yaoundé et Douala
Par Sylvie Ottou
Le gouvernement camerounais place la lutte contre la fraude à l’électricité parmi les priorités du plan de redressement 2026-2028 de la Société camerounaise d’électricité (Socadel), nouvelle dénomination de l’ex-Eneo depuis sa reprise par l’État.
Selon les autorités, les opérations de contrôle menées récemment par les équipes du ministère de l’Eau et de l’Énergie dans les villes de Yaoundé et Douala ont permis de découvrir près de 3 000 cas de fraude en seulement trois semaines. Les branchements clandestins et les vols d’électricité continuent en effet de peser lourdement sur les finances du secteur.
Le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, estime que ces pratiques provoquent des pertes annuelles évaluées à environ 60 milliards de FCFA. Un manque à gagner considérable qui compromet les capacités d’investissement nécessaires à l’amélioration de l’offre électrique.
Lors d’une communication gouvernementale tenue le 18 juin 2026 à Yaoundé, le membre du gouvernement a annoncé que la Socadel mènera une offensive renforcée contre les fraudeurs durant ses cent premiers jours d’activité. Des opérations de contrôle seront intensifiées de jour comme de nuit dans plusieurs quartiers du pays.
Les chiffres illustrent l’ampleur du problème. Les pertes attribuées à la fraude dépassent le budget d’investissement de l’ancienne Eneo, qui s’élevait à 53 milliards de FCFA en 2024 et à 33,3 milliards de FCFA en 2023.
Au-delà de la répression, le gouvernement mise également sur la sensibilisation des consommateurs et prévoit la création d’une brigade nationale spécialisée dans la lutte contre la fraude énergétique. Cette unité aura pour mission de renforcer les contrôles et de poursuivre les contrevenants.
Les autorités souhaitent par ailleurs améliorer le recouvrement des factures impayées des administrations publiques. Les dettes de l’État sont estimées à 10 milliards de FCFA, tandis que celles des entreprises et organismes publics atteignent 72 milliards de FCFA, soit un total d’au moins 82 milliards de FCFA dus au secteur de l’électricité.
Pour le gouvernement, la réduction de la fraude et l’apurement des créances publiques constituent des leviers essentiels pour restaurer l’équilibre financier du secteur énergétique et garantir de nouveaux investissements.

