De la formalité à l’exigence : le parrainage des candidatures gagne le football mondial
Le système des parrainages s’installe progressivement comme un mécanisme de référence dans la gouvernance du football mondial. De plus en plus de fédérations, sous l’impulsion notamment de la FIFA et de la CAF, recourent à cette procédure pour encadrer les… Read More
Le système des parrainages s’installe progressivement comme un mécanisme de référence dans la gouvernance du football mondial. De plus en plus de fédérations, sous l’impulsion notamment de la FIFA et de la CAF, recourent à cette procédure pour encadrer les candidatures aux élections des instances dirigeantes. Plusieurs pays africains, parmi lesquels le Bénin, le Cameroun, le Mali et la Côte d’Ivoire, ont déjà adopté cette approche, qui peut conduire à la validation d’une candidature unique lorsque les autres prétendants ne parviennent pas à réunir les soutiens nécessaires.
Le récent processus électoral au Bénin illustre cette évolution. Alors que trois candidats étaient initialement en lice, seul Marcellin Bocove a finalement obtenu les parrainages requis pour voir sa candidature retenue. Derrière cette exigence, les instances du football mettent en avant la volonté de mieux structurer les élections, de responsabiliser les acteurs et de s’assurer que les prétendants disposent d’un minimum de représentativité au sein de la famille du football.
Au Gabon, cette nouvelle donne suscite cependant des interprétations divergentes. Certains y voient une restriction de la compétition électorale, voire un dispositif destiné à favoriser le maintien des dirigeants en place. Une lecture qui mérite d’être relativisée au regard de l’évolution des pratiques internationales. Le principe du parrainage n’est pas une spécificité gabonaise : il s’inscrit dans une tendance désormais observée au sein de nombreuses structures du football et vise notamment à éviter des candidatures dépourvues de soutien réel, susceptibles de recueillir un nombre très faible de voix au terme du scrutin.
Dans ce contexte, le Gabon ne peut se tenir en marge des normes internationales qui régissent désormais le football. Les acteurs gabonais doivent donc s’arrimer à la nouvelle donne impulsée par la FIFA et la CAF, en appréhendant le parrainage comme un outil de structuration et de responsabilisation plutôt que comme un obstacle à la démocratie sportive. L’enjeu est désormais de permettre au football national d’évoluer en cohérence avec les standards de gouvernance qui s’imposent progressivement à l’échelle internationale.
Par MBOUTSOU/CCPMBDE

