CRISE ANGLOPHONE : LE PREMIER MINISTRE, CHEF DU GOUVERNEMENT, JOSEPH DION NGUTE DE RETOUR À BAMENDA POUR 48 HEURES
Le Premier ministre, chef du gouvernement, Joseph Dion Ngute, est arrivé à Bamenda ce mercredi 14 octobre 2026 pour une visite de 48 heures dans la région du Nord-Ouest. Après une étape à Buea une dizaine de jours plus tôt,…
Le Premier ministre, chef du gouvernement, Joseph Dion Ngute, est arrivé à Bamenda ce mercredi 14 octobre 2026 pour une visite de 48 heures dans la région du Nord-Ouest. Après une étape à Buea une dizaine de jours plus tôt, le chef du gouvernement poursuit les consultations engagées avec les populations des régions affectées par la crise anglophone. Au programme de ce déplacement : des rencontres avec les différentes composantes sociologiques du Nord-Ouest, dans le cadre d’un dialogue communautaire, ainsi que l’inauguration du siège régional de la douane à Bamenda. Le déplacement intervient dans un contexte historique particulièrement sensible. La crise anglophone trouve ses racines dans les revendications relatives à la place du sous-système éducatif anglophone, à l’organisation de la justice et, plus largement, à la représentation des spécificités historiques et institutionnelles des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. À la fin de l’année 2016, les manifestations d’avocats et d’enseignants, suivies d’une mobilisation plus large, ont marqué un tournant.
La répression de certaines manifestations, la radicalisation progressive des revendications et la montée des affrontements ont ensuite contribué à l’installation d’un conflit armé entre les forces de sécurité et plusieurs groupes séparatistes. Depuis, les populations civiles subissent les conséquences de l’insécurité, des déplacements forcés, des perturbations scolaires, du ralentissement des activités économiques et des restrictions de circulation dans plusieurs localités. Le 30 septembre 2019, le Grand Dialogue national, organisé à Yaoundé sous l’impulsion des autorités camerounaises, avait notamment recommandé des mesures de décentralisation renforcée et l’adoption d’un statut spécial pour les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Ces dispositions ont ensuite été consacrées dans le cadre législatif relatif à la décentralisation, notamment par la loi du 24 décembre 2019 portant Code général des collectivités territoriales décentralisées. Toutefois, leur mise en œuvre n’a pas suffi à mettre fin aux violences.
Georges Parfait Owoundi

