Cameroun/CONGELCAM du SÉNATEUR RDPC NGOUCHINGUÉ SYLVESTRE BRISE LE SILENCE ENTRE ACCUSATIONS DE PERSÉCUTION, MENACE DE PÉNURIE ET COLÈRE DES CONSOMMATEURS
Au Cameroun, la sortie médiatique de CONGELCAM S.A. soulève autant de questions qu’elle prétend apporter de réponses. Alors que l’entreprise dénonce un traitement administratif qu’elle juge inéquitable et alerte sur une possible pénurie de poisson, la qualité du service dans… Read More
Au Cameroun, la sortie médiatique de CONGELCAM S.A. soulève autant de questions qu’elle prétend apporter de réponses. Alors que l’entreprise dénonce un traitement administratif qu’elle juge inéquitable et alerte sur une possible pénurie de poisson, la qualité du service dans ses poissonneries mérite également d’entrer dans le débat.
Le jeudi 15 octobre 2026, CONGELCAM S.A., entreprise associée au sénateur RDPC Sylvestre NGOUCHINGUÉ, a décidé de sortir du silence. Au menu : contestation des accusations de monopole, défense de son parcours entrepreneurial, dénonciation de pressions fiscales et administratives, et alerte sur les risques de pénurie de poisson à l’approche des fêtes de fin d’année.
Mais derrière cette offensive médiatique, une question dérange : CONGELCAM cherche-t-elle uniquement à rétablir les faits ou tente-t-elle aussi de préparer l’opinion à une éventuelle flambée des prix et à des ruptures d’approvisionnement ?
L’entreprise affirme avoir vu son quota d’importation passer de 200 000 tonnes en 2025 à 100 000 tonnes en 2026, avant d’obtenir 30 000 tonnes supplémentaires. Elle estime que les stocks pourraient s’épuiser dès la fin novembre, avec des conséquences possibles jusqu’en mars 2027. Des prévisions préoccupantes, mais qui appellent à une vérification indépendante des chiffres, des stocks disponibles et des besoins réels du marché.
Autre point sensible : CONGELCAM réfute l’accusation de monopole en invoquant l’existence d’une trentaine d’autres opérateurs agréés. Pourtant, le nombre d’autorisations d’importation ne suffit pas, à lui seul, à mesurer le degré de concurrence. Les volumes effectivement importés, les parts de marché, les capacités logistiques et les conditions d’accès aux avantages douaniers doivent également être examinés.
L’entreprise évoque par ailleurs des redressements fiscaux de plusieurs milliards de FCFA et près de 13 milliards de FCFA de pertes alléguées dans l’affaire des 510 conteneurs débranchés au port de Douala en 2023. Des accusations et des préjudices revendiqués qui nécessitent des documents vérifiables, des réponses des administrations concernées et, le cas échéant, des décisions judiciaires.
Mais le débat ne saurait se limiter aux quotas, aux milliards et aux procédures administratives. Qu’en est-il du consommateur, celui qui paie son poisson et attend, en retour, un produit correctement présenté et un service respectueux ?
Dans les poissonneries attribuées au sénateur RDPC Sylvestre NGOUCHINGUÉ, des clients dénoncent des pratiques qui méritent d’être examinées : le poisson destiné à la consommation serait emballé dans du papier carton, tandis que certains employés sont décrits comme insolents et impolis envers la clientèle. Ces griefs, qui doivent être documentés et confrontés à la version de l’entreprise, soulèvent une question élémentaire : peut-on réclamer l’équité auprès des pouvoirs publics sans accorder la même exigence de respect et de transparence aux consommateurs ?
L’emballage utilisé pour un produit alimentaire doit être adapté au contact alimentaire et aux conditions de conservation. Quant à l’accueil, il ne devrait jamais être considéré comme un détail dans un secteur qui touche directement au quotidien des ménages.
En définitive, CONGELCAM a le droit de défendre ses intérêts et de contester les décisions qu’elle estime injustes. Mais les consommateurs ont, eux aussi, le droit d’exiger des explications, une qualité de service convenable et des garanties sur les produits vendus.
Le véritable test ne sera donc pas seulement de savoir si CONGELCAM parviendra à convaincre l’opinion de son innocence face aux accusations qui la visent. Il sera aussi de démontrer que ses alertes sur l’approvisionnement s’accompagnent d’un engagement concret en faveur des consommateurs.
Car au Cameroun, le poisson n’est ni une affaire de communication ni un simple instrument de bataille administrative : c’est un aliment essentiel, un enjeu de pouvoir d’achat et une question de confiance publique.
CONGELCAM brise le silence. Reste maintenant à savoir si les réponses attendues seront au rendez-vous, aussi bien dans les bureaux des administrations que dans les poissonneries.
Guy Roland D

