Cacao : Les prix aux producteurs reculent de 200 FCFA en trois semaines
Les prix servis aux producteurs camerounais de cacao ont reculé de 150 à 200 FCFA le kilogramme entre le 31 août et le 21 septembre 2026. Une évolution qui intervient alors que la campagne 2026-2027 avait démarré sur des niveaux…
Les prix servis aux producteurs camerounais de cacao ont reculé de 150 à 200 FCFA le kilogramme entre le 31 août et le 21 septembre 2026. Une évolution qui intervient alors que la campagne 2026-2027 avait démarré sur des niveaux proches de 3 000 FCFA.
Le marché du cacao camerounais connaît un repli après la hausse enregistrée au début de la campagne 2026-2027. Selon les données du Système d’information des filières (SIF), dispositif d’alerte sur les prix piloté par l’Office national du cacao et du café (ONCC), le prix minimum est passé de 2 750 à 2 600 FCFA le kilogramme entre le 31 août et le 21 septembre, soit une baisse de 150 FCFA. Dans le même temps, les producteurs les mieux rémunérés ont vu leur prix passer de 2 900 à 2 700 FCFA, enregistrant une perte de 200 FCFA par kilogramme en trois semaines.
Le SIF ne précise pas les causes de cette baisse, survenue un peu plus d’un mois après le lancement officiel de la saison cacaoyère 2026-2027, le 6 août dernier à Yaoundé. Pourtant, les premières semaines de la campagne avaient été marquées par une progression des prix. Un peu plus de vingt jours après le lancement, le kilogramme de fèves tutoyait la barre des 3 000 FCFA, contre 2 700 à 2 750 FCFA à la fin de la campagne 2025-2026, théoriquement clôturée le 15 juillet 2026.
L’intensification des pluies dans les bassins de production en septembre pourrait toutefois contribuer à expliquer ce recul. En période de fortes précipitations, les difficultés d’accès aux zones de production et l’état des routes peuvent entraîner des décotes appliquées par les acheteurs afin de compenser les coûts et contraintes liés à l’évacuation des fèves.
Malgré cette baisse, le producteur camerounais demeure mieux rémunéré que ses homologues ivoirien et ghanéen. Pour la campagne 2026-2027, la Côte d’Ivoire, premier producteur mondial, a fixé le prix du kilogramme à 1 200 FCFA, soit moins de la moitié du minimum observé au Cameroun. Au Ghana, deuxième producteur mondial, le prix est de 2 100 FCFA, soit 500 FCFA de moins que le minimum camerounais et 600 FCFA de moins que le meilleur prix relevé au Cameroun le 21 septembre.
Cette différence tient notamment aux mécanismes de commercialisation. Depuis la fin des années 1990, le prix du cacao est libéralisé au Cameroun, tandis qu’il est fixé par l’État en Côte d’Ivoire et au Ghana. La liberté de négociation dont dispose le producteur camerounais, renforcée par les informations diffusées en temps réel par le SIF, lui permet de mieux connaître les niveaux pratiqués et de négocier face aux acheteurs. Dans les deux autres pays, des acteurs de la filière dénoncent en revanche le poids des intermédiaires, susceptible de réduire la marge revenant au producteur.
Le recul observé en septembre rappelle ainsi la volatilité des prix du cacao et l’importance d’un accès régulier à l’information pour les producteurs camerounais.
Jean Luc Atangana

