Nindjé fait ses adieux à Émile Bassek ba Kobhio Par Anne Edoun La terre de Nindjé, dans la commune de Ndom, département de la Sanaga-Maritime, région du Littoral, accueille ce 27 juin 2026 la dépouille de son illustre fils, Émile… Read More
Nindjé fait ses adieux à Émile Bassek ba Kobhio
Par Anne Edoun
La terre de Nindjé, dans la commune de Ndom, département de la Sanaga-Maritime, région du Littoral, accueille ce 27 juin 2026 la dépouille de son illustre fils, Émile Bassek ba Kobhio, décédé le 12 mai 2026 à Yaoundé, à l’âge de 69 ans.
En sa qualité de représentant personnel du Chef de l’État, le ministre des Arts et de la Culture, Ismaël Bidoung Kpwatt, prend part aux cérémonies funéraires, aux côtés de nombreux cinéastes, artistes, hommes de culture, autorités administratives, traditionnelles et religieuses, ainsi que de proches venus rendre un dernier hommage à cette figure emblématique du cinéma africain.
Réalisateur, scénariste, producteur et écrivain, Émile Bassek ba Kobhio a profondément marqué le paysage cinématographique africain. Son œuvre la plus célèbre, Sango Malo (1991), adaptée du roman de Francis Bebey, est devenue un classique du cinéma africain en abordant avec finesse les questions d’éducation, de tradition et de changement social. Il est également l’auteur de Le Grand Blanc de Lambaréné, un film qui propose une lecture critique de la figure d’Albert Schweitzer et interroge le regard porté sur l’histoire coloniale en Afrique.
Au-delà de ses réalisations, il s’est imposé comme l’un des plus grands défenseurs du cinéma africain. En fondant en 1997 le festival Écrans Noirs, il a créé une plateforme de référence dédiée à la promotion des œuvres africaines, révélant de nombreux talents et offrant au public un espace de rencontre avec les cinémas du continent et de sa diaspora.
Tout au long de sa carrière, Émile Bassek ba Kobhio s’est battu pour une meilleure reconnaissance des créateurs africains, le développement d’une véritable industrie cinématographique sur le continent, le renforcement des politiques publiques en faveur de la culture et la valorisation des récits africains racontés par les Africains eux-mêmes. Son engagement en faveur de la formation des jeunes cinéastes, de la préservation des identités culturelles et de la souveraineté culturelle africaine restera l’un des héritages les plus marquants de son parcours.
Son décès laisse un immense vide dans le monde de la culture, mais son œuvre, son engagement et les générations d’artistes qu’il a inspirées continueront de faire vivre sa vision d’un cinéma africain libre, ambitieux et résolument tourné vers l’avenir.

